Ali

Ali - Saint Germain :

Du Pakistan à Paris, Ali a franchi et déplacé plusieurs montagnes. La misère, la corruption, le racisme.
Du Pakistan à Paris, Ali a été aidé par des gens « humains ». Pour apprendre à lire et écrire, pour travailler, pour s'en sortir.

A Saint-Germain-des-Prés, Ali, l'ex sans-papiers, est maintenant aussi célèbre que les stars du quartier : tous les jours c'est lui qui vend Le Monde, en scandant des Unes détournées.

Le 6ème arrondissement compte plus d'une star. Il y a les officielles qui travaillent au cinéma, à la télévision ou dans la musique, et puis il y les autres, dont on ne connait pas l'identité mais que l'on voit chaque jour. Ali est l'une de ces stars anonymes. Il est certainement le dernier vendeur de journaux à la criée de la capitale. Chaque jour il arpente les rues de Saint-Germain-des-Prés pour vendre Le Monde, ou Le Journal du Dimanche. Et tout le monde le connait. Mais peu connaissent son histoire.

Nous connaissions les grandes lignes de l'histoire d'Ali. Souvent, des articles lui sont consacrés pour raconter son parcours, du bidonville de Rawalpindi au Pakistan au chic 6ème arrondissement parisien.

Ali ou l'étonnant destin d'un immigré pakistanais qui gagne l'étranger pour offrir une vie meilleure à sa mère et ses frères et sœurs restés au pays. Ali qui a connu la misère, la brutalité, les arnaques, les coups bas. Ali qui n'a jamais perdu espoir.

Ali a traversé le Pakistan, l'Afghanistan, l'Iran, la Turquie pour arriver en Europe – enfin ! – avec la Grèce comme première terre d'accueil. Ensuite les années à bord de cargos et les grandes traversées. Et la France. D'abord Rouen. Puis Paris. Fin 1972.

A l'époque Ali ne parlait que l'anglais. Il a souvent dormi dehors, à la recherche de petits boulots pour survivre et se faire une place. Vigile, homme de ménage, puis vendeur de journaux grâce à l'équipe de Hara-Kiri, le professeur Choron et surtout sa femme Odile. Deux personnes qui l'ont aidé et qui ont lui donné une chance.

Ali répète souvent être « reconnaissant ». Surtout envers tous ceux qui lui ont tendu la main. Parmi eux, Jean-Claude Gawsewitch. L'éditeur qui a publié ses deux livres :

Je fais rire le monde... mais le monde me fait pleurer!
en 2005;
et La fabuleuse histoire du vendeur de journaux qui a conquis le monde ... en 2009.

Ali Akbar plus célèbre que les célébrités de Saint-Germain-des-Prés. Pourtant Ali est resté un homme simple, « digne » comme il aime le souligner. Pas question de profiter de ses contacts, d'abuser de ses relations.

Parce qu'Ali est un homme qui aime rencontrer, parler, échanger, parce qu'il est aussi un homme fier du chemin qu'il a parcouru mais sans orgueil, il était un personnage à ne pas manquer pour Brèves de trottoirs.

Et avoir partagé son quotidien pendant quelques jours n'a fait que confirmer ce sentiment.

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