Katya
Katya - Magenta, Paris 10eme
Le salon de coiffure date de 1963. En 2010, il est quasi d'époque et toujours en activité. A 78 ans, Katya ne raccrocherait les ciseaux pour rien au monde. Sauf peut-être pour une virée en Bretagne, avec son mari Yves, le Bigouden.
Même avec un père russe et une mère lyonnaise, Katya le clame : elle est l'un des derniers Titis parisiens. Un Titi qui a aussi connu la vie à la ferme pendant la seconde guerre mondiale.
Katya l'exubérante, Katya la fougueuse n'a pas sa langue dans sa poche, même avec ses Dieux : ses 11 chats de compétition.
Pourquoi faire un portrait de Katya ?
« Boulevard Magenta, il y a ce salon de coiffure incroyable, comme dans les sixties, de dehors on se demande si ce n'est pas un décor de cinéma! » La première fois que nous sommes passés devant la boutique de Katya nous avions ces mots en tête. A l'intérieur personne, pas de trace d'activité récente. Ou alors si mais cette activité en question semblait se déroulait dans un lieu tellement coupé du monde que nous nous demandions même si l'endroit n'avait pas été tout simplement abandonné et laissé en l'état.
La deuxième tentative fut la bonne. Katya discutait avec une copine, nous avons frappé à la porte, elle nous a sommé d'entrer. En quelques secondes, Katya nous racontait sa vie et nous dévoilait son tempérament de feu. « D'eau », rétorquerai-elle. Katya est gémeaux et elle croit être la descendante d'un spahi, un chasseur indigène de l'Armée d'Afrique. De là lui viendrait son tempérament si « exubérant » comme elle le dit.
Alors que des milliers de personnes militent contre la réforme des retraites, Katya elle continue de coiffer dans son salon. À 78 ans pas question de raccrocher les ciseaux, son choix de vie c'est ce travail-passion qui lui a tant apporté à elle la Titi parisienne au parcours tumultueux. Avec sa gouaille, Katya nous a dit « oui » à tout, son but était clair « raconter la vérité, celle qu'on ne dit pas assez! ».
Et quelle vérité! Ce salon de coiffure sorti du passé, la vie de Titi parisien, la Seconde guerre mondiale à la ferme, Yves la mari Breton, les chats de compétition, le père Russe disparu.
Faire le portrait de Katya c'était aussi raconter le boulevard Magenta où tout a changé depuis les années 50. Oui Katya est nostalgique mas elle n'a rien perdu de sa fougue de jeune gavroche. C'est cette énergie que nous avons voulu communiquer en réalisant ce portrait.
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