Le procès en appel du gang des barbares s'ouvre devant la cour d'assises de Créteil.

Le procès en appel du gang des barbares s'ouvre devant la cour d'assises de Créteil.

France 3 Paris Ile-de-France / Stéphane Fouquet
Le parquet veut alourdir les peines de 8 accusés sur 17.

L'avocat général au procès en appel du "gang des barbares" a requis jeudi à Créteil des peines plus lourdes qu'en première instance contre 8 des 17 accusés jugés, pour la séquestration et la mort d'un jeune Juif en 2006.

 Vidéo

Les réquisitions ont été identiques pour quatre accusés et réduites pour cinq d'entre eux.

Comme en première instance, la peine la plus lourde, 20 ans de réclusion, a été requise contre Jean-Christophe Soumbou qui aurait notamment participé au rapt d'Ilan Halimi et Samir Aït-Abdelmalek, qui a notamment trouvé le lieu de la séquestration, dans une cité HLM de Bagneux.

D'autres acteurs-clés de l'affaire Halimi voient, eux, leurs réquisitions aggravées. Dix-huit ans de réclusion, contre 15 en première instance, sont ainsi demandés contre le seul accusé jugé avec la cirscontance aggravante de l'antisémitisme.

Marc (*) mineur au moment des faits, est soupçonné d'avoir été un des geôliers d'Ilan Halimi et de lui avoir infligé des actes de torture.

Nabil Moustafa, l'autre geôlier présent pendant les trois semaines de séquestration, connaît le même sort: 16 ans sont requis pour sa participation contre 13 en première instance.

 Egalement mineure au moment des faits, Clara (*), la jeune fille ayant servi à appâter Ilan Halimi, voit elle aussi ses réquisitions alourdies: 12 à 13 ans sont demandées à son encontre, contre 10 à 12 lors du premier procès.

L'avocat général a en revanche allégé les réquisitions pour cinq accusés, dont Jérôme Ribeiro, le geôlier qui a quitté le lieu de séquestration au bout de quelques jours. Dix ans (12 en première instance) ont été demandés contre lui.

Cas de Mickaël enlevé 15 jours avant Ilan Halimi

La Cour d'assises des mineurs de Créteil a examiné jeudi le cas de Mickaël D., un père de famille juif enlevé début 2006, deux semaines avant Ilan Halimi, et laissé pour mort dans un immeuble d'Arcueil.
Les deux rapts obéissent au même mode opératoire: une jeune fille servant d'appât avait attiré les victimes dans un guet-apens tendu par Youssouf Fofana et quelques-uns de ses complices.
Alors âgé de 50 ans, Mickaël D., a lui été enlevé durant une soirée, le 6 janvier 2006, et en a gardé de profondes séquelles.
Sous un faux prétexte, "l'appât" l'avait attiré dans un immeuble d'Arcueil, dans le Val-de-Marne, où il avait été passé à tabac. Frappé à coups de barres de fer, il avait été abandonné gisant dans son sang, certains de ses agresseurs lui lançant, selon l'accusation: "crève", "sale juif, youpin". "Il a presque subi une exécution avec 96 impacts relevés au crâne", a dit  son avocate, Me Muriel Ouaknine-Melki.
Ses agresseurs avaient prévu de l'enlever pour extorquer une rançon mais avaient finalement renoncé, croyant qu'il était mort. "Il est mort c'est pas la peine de l'emmener", aurait dit l'un d'eux.
Concernant Mickaël D., "M. Fofana n'a pas fait mystère de sa volonté d'attaquer un homme juif (...) il s'est dit heureux que le sang d'un Juif ait pu couler autant", a souligné Me Ouaknine-Melki.
 


cliquez ici