Après la mort de l'une des leurs, la police municipale souhaite être systématiquement armée.
Les organisations syndicales des policiers municipaux ont été reçues ce jeudi matin au ministère de l'Intérieur. Parmi les revendications: l'armement des agents. Cela intervient après la mort d'une policière municipale jeudi dernier à Villiers-sur-Marne lors d'une fusillade.
Vidéo
Toutefois toutes les organisations ne prônent pas un armement systématique. Pour Jean-Claude Lenay, secrétaire national de la CFDT/Interco il estime, que ce sont "les missions qui dictent l'armement et non le contraire". En revanche le syndicat national des policiers municipaux estime que leurs troupes sont de plus en plus exposées à la violence et demande des "moyens de travailler".
Par ailleurs, les organisations ont porté devant le ministre des revendications communes: salaires, indemnités, reconnaissance de la dangerosité professionnelle...
Si à Villiers-sur-Marne les policiers étaient bien armés, c'est loin d'être le cas des 18.000 policiers municipaux.
Quel est le statut de la police municipale ?
Elle est créée sur décision du maire et après agrément du préfet et du procureur de la République. Puis c'est au maire d'embaucher ses agents et de décider de les armer ou non. Grande différence avec la police nationale, les policiers municipaux n'ont pas de pouvoir d'investigation. Toutefois les missions d'une police municipale sont assez diverses selon les cas. Il peut s'agir d'un rôle de surveillance de la voie publique, de stationnement, de médiation... Lorsque le contingent de la police municipale dépasse les cinq agents, une convention de coordination doit être signée avec la police nationale ou la gendarmerie afin de mieux répartir les tâches.
L'Ile-de-France compte 3.000 policiers municipaux.
Pour ou contre l'armement des policiers municipaux ?
Les politiques sont assez divisés sur la question. Pour le député PS Harlem Désir, il faut d'abord clarifier les missions de la police municipale, qui, selon lui, se substitue à la police nationale suite aux coupes budgétaires. Pour l'eurodéputé il faut d'abord redonner les moyens à la police nationale d'être une "police de proximité". Il ajoute que les formations ne sont pas les mêmes. En revanche Rama Yade s'est plutôt positionné en faveur d'un armement de la police municipale, estimant qu'"un policier sans arme c'est comme un lion sans dent". Pour l'heure, Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur a indiqué avoir signé un décret pour équiper tous les policiers municipaux de Taser (pistolet électronique).



