Un lycée de 14 ans a été passé à tabac dans ce lycée du Val-de-Marne.
© France 3 PIC La lutte contre les violences en milieu scolaire va passer par le renforcement de la formation des enseignants, de la sécurité pour les établissements difficiles et par une réforme du dispositif de sanctions, a annoncé le ministre de l'Education nationale Luc Chatel.
Des décisions jugées par des représentants du monde éducatif "en décalage", avec
les deux jours de débats des "états généraux de la sécurité à l'école", décidés par le ministre après plusieurs incidents graves en début d'année dans le Val-de-Marne, dont la mort d'un lycéen.
Y-a-t-il une flambée de la violence en milieu scolaire ?
On peut difficilement mesurer l'évolution des actes violents à l'école sur ces dernières années faute d'outils adaptés. Mais l'on sait par exemple que plus de la moitié des graves incidents concernent 10% des établissements. C'est ce que nous indique le ministère de l'Education Nationale. On sait également que ces violences s'expriment davantage de manière collective. Eric Debarbieux, président de l'observatoire de la violence scolaire et qui est à la tête du comité scientifique des états généraux, explique ainsi que ces violences sont souvent tournées vers une institution, en l'occurrence l'école.
Dans tous les cas ce phénomène n'a rien de récent. Lorsque l'on jette un oeil dans les archives des journaux sur ces vingt dernières années, l'on se rend compte que les pages des faits divers sont riches de tels évènements.
Quelles pistes pour enrayer les actes de violences à l'école ?
C'est bien là tout l'objet des états généraux. Le gouvernement et le ministère de l'Education Nationale, à travers auparavant la voix Xavier Darcos, prônent un plan de "sanctuarisation de l'école", soit de "sécurisation des établissements scolaires". Cela passe, par exemple, par l'équipement des établissements scolaires de caméras de vidéosurveillance, par l'installation de clôtures autour des collèges et lycées, ou encore par l'intervention d'équipes mobiles de sécurité (voir reportage ci-contre).
Mais selon Eric Debarbieux faire de l'école une forteresse face au monde extérieur n'est pas une solution, car seulement moins de 5% des incidents graves proviennent d'éléments externes. L'observatoire de la violence en milieu scolaire préconise plutôt la stabilité des équipes pédagogiques. Ainsi selon l'observatoire, dans l'académie de Créteil (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Seine-et-Marne), certains établissements voient leur personnel enseignant renouvelé à plus de 50% à la rentrée scolaire. L'observatoire dénonce également l'affectation systématique de jeunes professeurs en lycées ou collèges classés ZEP (zones d'études prioritaires). Il est également recommandé de former les professeurs au stress et à la gestion de situations de crise. A ce propos, Luc Chatel, ministre actuel de l'Education Nationale, a annoncé que 400 proviseurs et adjoints suivront des sessions de ce type avant la fin de l'année.
Un contexte de réformes contestées au sein de l'Education Nationale
Ces Etats Généraux de la sécurité à l'école pourront difficilement être déconnectés des réformes en cours dans le monde enseignant. Cette année 16.000 postes de professeurs ont été supprimés. Un départ sur deux à la retraite n'est pas remplacé. Dans les dernières manifestations, les banderoles et slogans des syndicats réclamaient une hausse d'effectifs, notamment en termes de surveillants.
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